L’église de Bierné

Depuis la moitié du Vème siècle, le christianisme progresse dans les campagnes. Les missionnaires édifient des chapelles d’où s’élèveront ensuite des villages. Vers la fin du Xème siècle, le Haut Anjou est totalement christianisé.
Les hommes sont aux champs. Et tandis qu’ils retournent inlassablement la terre, M. le curé sauve les âmes. La paroisse de Bierné relève du diocèse d’Angers et il y a fort à faire.

« Quand les mille ans seront accomplis, Satan sera relâché de sa prison » les sombres prédictions issues de l’Apocalypse de Saint-Jean ne se sont pas vérifiées. La fin du monde n’est pas intervenue et dans le pays se multiplient églises et bâtiments religieux. A Bierné, comme partout, les hommes se sont rassemblés autour d’une église. Celle-ci est dédiée à Saint-Pierre.
Sa forme originelle en croix latine est difficilement lisible, mais l’église de Bierné conserve sa façade romane avec un portail à triple voussure brisée en calcaire coquiller. Bâtie au XIème siècle, agrandie au XIIème et au XIIIème siècle, incendiée pendant la révolution, le bâtiment religieux a connu de nombreuses modifications et notamment l’ajout en 1811 d’une tour-clocher et en 1850 de deux bas-côtés. Le 1er décembre 1888, une voûte s’écroule et sera rénovée par la suite.
En 1850, le chœur qui se terminait par un mur plat est transformé en abside (en forme de demi-cercle). Comme dans beaucoup de village depuis l’époque carolingienne  le cimetière était installé tout autour de l’église, traduisant ainsi la communion des vivants et des morts. En 1750,  il fut transféré à son emplacement actuel. Huit ans plus tard, à l’occasion d’une mission, dans une manifestation de  foi profonde, chaque famille de la paroisse apporta sa pierre pour constituer le socle du calvaire.

Un Eglisemur de pierre entourait  l’ancien presbytère, tandis qu’au sud, l’actuelle place Hardy n’était qu’une étroite ruelle. Les vitraux représentant Saint Pierre, entouré de Saint Paul et de Saint Thomas ont été réalisés en 1855 par les ateliers des Carmélites du Mans.
L’église abrite également une peinture sur toile, réalisée dans la première moitié du XVIIIème siècle, évoquant Sainte Thérèse d’Avila en prière, un voile noir sur la tête. Ce tableau est placé au centre d’un des deux retables ornés de colonnes de marbre rose et noir. Les retables traduisent le renouveau catholique au XVIIème siècle. Ils offraient aux chrétiens de cette époque un décorum centré sur les évangiles accompagnant un enseignement non plus axé sur la crainte de l’enfer, mais davantage sur une espérance.

L’autel est remarquable par les plaques de marbre qui le recouvrent. Ces marbres de couleurs différentes ont été extraits de la carrière de la Taude située sur la commune de Grez-en-Bouère. Un Christ en croix réalisé au XVII est situé à l’entrée de l’église. Il devait probablement être porté sur une poutre de jubé à l’entrée principale du chœur.
Photo 3Deux médaillons en tuffeau datant du XVIème ou XVIIème siècle ornent la façade Est de l’église. Autrefois à l’intérieur de l’église, Ils représentent Saint-Benoît et Saint Scholastique.
Un petit cimetière jouxtait l’église de Bierné au nord  – le grand cimetière date de 1750 – tandis qu’au sud une étroite ruelle permettait l’entrée.
Cette ruelle fut agrandie et transformée pour partie en 1950 afin de laisser passer l’automobile.

  • Le mariage et ses empêchements : Jusqu’au 19e siècle, l’homme ne peut se marier avant 14 ans et la femme avant 12 ans accomplis. Onze autres empêchements de mariage sont également définis et étudiés avant le publication des bans. Parmi eux, la consanguinité.  Lorsqu’elle est en ligne directe, le mariage entre les ascendants et les descendants légitimes ou naturels est déclaré nul. En ligne collatérale, le mariage est nul jusqu’au troisième degré inclus. L’affinité (parenté par alliance) interdit le mariage en ligne directe et en ligne collatérale jusqu’au deuxième degré inclus. Il existe cependant des cas de dispense pour consanguinité. Le quidam devait en faire la demande à Rome où le cas échéant à l’évêché du diocèse. La démarche est payante…En 1695, Estienne Gillier et Marie Renard de la paroisse de Bierné se fréquentent en vue de se marier. Probablement cousins germains, ils doivent solliciter une dispense d’empêchement auprès de l’évêque d’Angers. Le 19 décembre 1695, le prélat  d’Angers autorise le mariage. Ainsi, les enfants qui naîtront de cette union seront légitimes.
  • 1er décembre 1888… un drame a été évité !

 

 

 

 

 

  • En panne !
    C’est  sous le mandat d’Alfred Pichot, maire entre 1854 – 1884 , que fut installée l’horloge publique. Près d’un siècle plus tard, le conseil municipal et son maire Jules Tribondeau font l’amer constat qu’il est devenu impossible de trouver des sonneurs pour assurer les sonneries tant civiles que religieuses. La commune ne possédant pas de sirène pour appeler du secours en cas de sinistre, il est devenu indispensable d’’installer une horloge électrique. Les fidèles, par l’entremise de M. le Curé, ont promis de participer à 50 % de son financement. Monsieur Gautier, électricien à Gennes-sur-Glaize est chargé des travaux dont le coût total est tout de même de 583 000 francs.
    Le chantier est réalisé promptement… Sous l’autorité du  Sous Lieutenant Longis, Commandant de la Compagnie des pompiers de Bierné, les autorités procèdent à des essais. La sonnerie fonctionne mais n’est pas assez forte. Un sapeur-pompier habitant le nouveau lotissement Dibard n’a pas entendu le toscin. Quelques réglages et tout semble rentrer dans l’ordre. Puis patatras : pendant le premier mois, l’horloge semble n’en faire qu’à sa tête ! Juste de quoi permettre une brève un brin ironique à Claude Bourdais, correspondant au « Haut-Anjou ».
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  • Quand la salle des fêtes accueillait l’office dominical

    En novembre 1965, l’église fait l’objet de travaux de rénovation intérieur importants : réagréage et peinture des murs, installation d’un chauffage, pose d’un nouvel autel…Pendant les travaux prévus pour deux mois, les offices du dimanche ont lieu dans la salle des fêtes. La rue glissante devrait être ensablée et il est dommage que la rue prévue pour traverser la cour du Foyer ne soit pas réalisée souligne le correspondant du Haut Anjou. Mais l’essentiel n’est pas là ! La grande question est de savoir si tout sera vraiment prêt pour la messe de noël.

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Site officiel de la commune de Bierné en Mayenne (53)