Bierné nouveau chef lieu de canton

Lors de la révolution française,   les institutions de l’ancien régime sont mises à bas. Les territoires et domaines des anciennes provinces françaises,  fiefs de dynasties de comtes et de ducs vont être démantelés afin de pouvoir laisser la place à la Nation républicaine. La création des départements français répond à cet objectif politique et sera effectif le 4 mars 1790. La province d’Anjou se retrouvera divisée et répartie sur sept départements  : l’Indre et Loire, la Loire Inférieure, la Mayenne, la Mayenne et Loire (devenue le Maine et Loire), la Sarthe, les Deux-Sèvres et la Vienne.

La sénéchaussée de Château-Gontier est supprimée. Bierné intègre le département de la Mayenne en 1790 et à partir de  1855 le diocèse de Laval érigé à cette même date. Bierné succède à Daon comme chef-lieu de canton en vertu de la loi  du 28 pluviose an VIII (17 février 1800). 
En 1808, la commune se voit doter d’une gendarmerie. Les gendarmes sont à pied, il faudra attendre 1857 pour que la brigade soit à cheval. Les petites bornes situées rue Jean Bourré  et rue du Maine permettaient aux cavaliers en uniforme de descendre de leurs montures sans difficulté.
Une prison est construite au pied de la Mairie (aujourd’hui l’école Marce Aymé). A l’intérieur de ce cachot, croupissaient mendiants, ivrognes et petits voleurs en attente de leurs transferts.

Chef lieu de canton depuis 1801, Bierné découvre les joies d’organiser le scrutin départemental. En 1843, le canton vote pour élire un nouveau conseiller général… Découvrez la suite en cliquant sur l’image.


L’économie du village

Bierné s’épanouit. Pendant près de 90 ans, le village comptera plus de 1000 habitants. La commune sait à présent que sa destinée sera de nourrir la ville, de froment, de seigle, de blé noir et d’avoine… et surtout de viande.
Bierné est un pays d’élevage : Bœufs, vaches (Durkam Mancelle), veaux, chevaux de race percheronne, moutons, porcs de race craonnaise.
Souvent les fermes possèdent une basse cour : oies, canards, poules, pintades. Le village possède aussi 27 ruchers pour 92 ruches.
La moitié des terres est occupée par des céréales : Blé, Orge, Avoine Sarrasin (pour les bestiaux).  Environ 100 hectares de pommes de terre et de betteraves sont également cultivés
Les meuniers sont nombreux à Bierné comme en atteste Jules Verne dans son manuel de Géographie. Les grains de blé sont écrasés sous la meule des moulins et  livrés ainsi aux ménages ou au boulanger qui se chargeaient de les bluter, c’est-à-dire de les tamiser, pour séparer la farine du son.
Pays agricole, Bierné ne possède pas d’industrie sur son territoire. Seule une fabrique d’huile alimente la population d’huile de lin, de pépins de citrouille et de noix.
Il existe cependant bien d’autres métiers dans le bourg. Ceux-ci ont été recensés en 1864 dans l’annuaire général du commerce, de l’industrie et de la magistrature  : Un juge de paix, un notaire, un huissier, un percepteur, un bourrelier , des charrons, un chaufournier, un tonnelier, un couvreur, un huilier, un instituteur, un médecin, deux  sabotiers. des maréchaux, un vétérinaire et des empiriques.

Un bureau de poste et télégraphe est installé sur la commune en 1846. Un courrier en voiture fait le service des postes de Château-Gontier à Bierné. En 1867, la commune abrite un bureau d’enregistrement. En 1911, le village accueille un bureau téléphonique. Compte tenu des horaires d’ouverture des administrations, il sera décidé un an plus tard de transférer ce poste à l’hôtel Chevreul.

Bierné s’anime le vendredi de chaque semaine avec son marché de denrées. La commune tient également trois foires par an : fin janvier, le mardi qui précède la mi-carême et fin septembre, ce même jour a lieu le comice agricole. Ces foires, les deux premières surtout sont très bien approvisionnées en bœufs recherchés par les marchands normands, flamands et belges. Les céréales sont vendues aux marchés de Château-Gontier et de Sablé (Sarthe).

Le 15 août 1911, une dépêche de la Préfecture de Laval tombe. En raison de l’épidémie de fièvre aphteuse les foires et les marchés sont suspendus. Aussitôt le sénateur M. Le Breton transmet un vœu des syndicats agricoles pour  que soit testé dans toutes les étables volontaires un nouveau traitement.

L’organisation sociale 

La commune compte 80 fermes dont la moitié ont une superficie de 35 à 48 hectares explique l’instituteur M. Gourmond, Les fermes sont exploitées par des cultivateurs en fermage (loyer) ou en métayage (partage des produits). Les paysans sont pour la plupart propriétaires de leur ferme. Il n’existe que deux ou trois grands propriétaires… Chaque ferme a un propriétaire différent.
Quelques soient leurs statuts – Propriétaire, fermier, métayer » les Biernéens sont  très  attachés à la terre. En 1909  Gaston Le Marié, nous décrit le pays de Bierné. « Satisfait de leur modeste aisance, les laboureurs aiment l’exploitation à laquelle ils donnent tous leurs soins ; ils vivent ainsi heureux et ne songent pas à abandonner la terre sur laquelle ils se sont fixés. Quand ils sont vieux et ne peuvent plus être d’aucune utilité à leurs enfants, ils achètent, si leurs économies le permettent une petite closerie ou,  plus souvent, ils vont s’installer dans le bourg voisin, près de la terre sur laquelle ils ont passé le meilleur temps de leur existence. Il est, en effet remarquable de voir, dans la Mayenne, les exploitations rester de siècle en siècle, dans les mains des mêmes générations d’exploitants. Les familles de métayers qui se succèdent ainsi sur une métairie sont si nombreuses que l’espèce d’hérédité qui en résulte semble un fait tout naturel».
Et le Marquis de Quatrebarbes témoigne « Il existe… dans nos campagnes de l’Ouest, principalement sur les terres échappées aux spoliations révolutionnaires de nombreuses races de cultivateurs qui exploitent, de père en fils, leur métairie, depuis un temps immémorial. Nul n’a connaissance de l’époque à laquelle la famille est venue s’y établir : on sait seulement que le père et l’aïeul y sont nés. Familles patriarcales qui ont conservé vive et pure la foi de leurs aïeux, leurs antiques mœurs, leur probité sévère et leur immense charité. Jamais pauvre n’a frappé en vain à leur porte, il se réchauffe à leur foyer, il y trouve le pain de chaque jour et un abri pendant la nuit. Sans ambition, sans intrigue, sans autre passion que leur amour pour le sol natal, les familles y ont pris racine comme le chêne de nos bois. Tranquilles sur leur avenir, confiantes dans l’attachement de leurs maîtres à qui elles sont pour ainsi dire inféodées ; elles savent que leurs fils continueront de féconder les terres défrichées par leur aïeux. Heureuses dans leur obscure destinée, elles ne demandent au ciel que la pluie et le soleil pour faire germer et mûrir leurs moissons ; leurs modestes vœux n’ont point appris à s’égarer par le luxe et la soif du gain. Au lieu de tenter la fortune et de passer leur vie dans l’agitation, elles suivent sans bruit la route tracée par leurs pères en exerçant leur utile et honorable industrie… J’ai le bonheur de posséder sur mes terres une famille de ce genre. Je trouve dans mes titres des traces non interrompues, depuis quatre siècles, de l’existence des de la Noë, sur les paroisses d’Argenton, Saint-Michel et Bierné. Il y a plus de trois cents ans que l’un deux était métayer de ma ferme de la Houdinière, son arrière petit-fils l’est en ce moment. Dix autres membres de la famille sont à mon service ; aucun n’a dégénéré. J’ai pensé qu’il serait agréable à ces braves gens d’avoir un tableau généalogique de leur famille ; je le leur offre comme un témoignage de mon amitié pour eux. Aucune ombre n’y fait tache : un travail assidu, une probité de quatre siècles, sont aussi des titres de noblesse qu’ils ne manqueront pas de transmettre à leurs enfants ».
L’instituteur souligne également cet attachement à la terre : «  A coté de cette famille de seigneurs, je pourrais placer la généalogie de plusieurs vieilles familles de cultivateurs. Entre toutes, la plus ancienne, je crois, est celle des Delaunay, dont plusieurs membres habitent la commune. Ils occupent de père en fils la ferme de la Grenonnière depuis au moins 500 ans ; leur généalogie est étable par les actes de l’Etat civil et par des pièces que possède M. de Quatrebarbes, de Saint-Laurent des Mortiers, propriétaire de la Grenonnière. »
Les cultivateurs font souvent appel à des domestiques et l’instituteur note cette coutume qui le révolte : Une coutume existe à Bierné et aux environs (Cantons de Château-Gontier, Grez en Bouère et Bierné) qu’on ne rencontre pas dans le reste du département : c’est la location des domestiques à la Saint Jean et à la Saint Martin. Aux environs de ces époques au marché du jeudi à Château-Gontier, aux assemblées et aux foires dans les cantons cités, on voit des rangées d’hommes, de femmes et d’enfants alignés sur le marché, une branche d’arbre au chapeau ou au corsage : ce sont les personnes à gager. Les cultivateurs passent une inspection minutieuse, entament des négociations et suivant les besoins, gagent un ou plusieurs domestiques à qui ils donnent 5 de dernier à lieu. Cette coutume me rappelle les marchés d’esclaves et vraiment pour une personne étrangère, il y a quelque chose de blessant dans cette exhibition de chair humaine. Je n’ai jamais pu passer devant ces marchés sans un certain frisson. Les Bretons viennent en grand nombre offrir leurs services à la Saint-Jean pour le temps de la moisson. Leur arrivée, il ya une dizaine d’année causa quelques batailles sérieuses entre les domestiques du pays furieux de voir cette concurrence qui amenait une forte diminution dans les gages

La vie au village 

Le 13 juillet 1899, l’instituteur du village, M. Gourmond termine une monographie communale commandée par le Préfet de la Mayenne. M. Gourmond  nous raconte avec amour et parfois agacement ce village dans lequel il tente d’éduquer les jeunes garçons.

Il dessine sur son cahier à petits carreaux plusieurs plans de Bierné.

Le village a peu changé. Il s’organise autour de l’église et des 4 routes qui le mettent en relation avec les 8 bourgs voisins. Il ne possède rien de remarquable comme monument ou curiosité. Une vielle maison près de l’église porte le nom de château et a été prieuré, dit on ; mais actuellement rien ne la distingue que  sa vétusté et la forme de 2 ou 3 petites fenêtres.

Bierné possède deux châteaux :
Le saulai, appartenant à M. de Carcaradec, Maire de Bazouges  est inhabité. C’est plutôt une maison bourgoise tombant en ruines
La Barre, appartenant à M. de Chivré
Il existe enfin un lavoir communal peuplé de carpes. « Une grande pièce d’eau servant à la fois de lavoir couvert et d’abreuvoir… et s’entretient sans qu’on sache trop comment elle s’alimente. C’est une ressource, mais aussi pendant un ou de mois une cause d’exhalaisons désagréables » complétera l’abbé Angot dans son Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne. Le lavoir était surtout un lieu de rassemblement et de discussions des femmes. En 1804, le Maire, Antoine Toqué, y interdira de laver la laine et fil.

Bierné est  un pays fleuri, sur lequel on trouve des pommiers, poiriers, chênes, peupliers, cerisiers, hêtres, saules et une dizaine d’amandiers qui donnent rarement des fruit.

En France l’espérance de vie est de 45 ans en 1900. A Bierné, indique M. Gourmond « La durée moyenne de la vie y est de 51 ans, sans grande variation, les épidémies y étant excessivement rares ». L’instituteur a pris soin de relever les naissances, les mariages et les décès de la commune qui reflètent les épisodes tragiques des guerre

Un sabotier en 1900
Catalogue publicitaire du grand magasin parisien le Louvre 1855

Les biernéens n’ont pas de costume particulier à l’instar des Bretons, si ce n’est pour le travail aux champs. La talonnette, espèce de petite guêtre en cuir qui enveloppe le talon et le dessus du pied et se porte dans les gros sabots (pilons). Les femmes veillent à conserver un aspect soigné. M. Gourmond note ce goût du paraître : Le bon marché, le Louvre…ont bon nombre de clients dans la commune, les ouvrières en robes reçoivent des journaux de mode et habillent nos fermières à la mode. On aime peut être même un peu trop la toilette, c’est à qui sera la mieux mise et les processions de la communion des Fête-Dieu, etc…. sont les occasions de faire voir et de comparer ses toilettes. Malheur à l’ouvrière qui n’aurait pas livré à temps la toilette commandée pour ces grandes occasions.

Critique envers la coquetterie des femmes, M. Gourmond l’est encore plus avec un autre penchant la boisson…surtout pour les hommes. Ce serait le grand défaut du beau sexe dans la commune, mais ce défaut qui en fin de compte à une excuse puisqu’il sert à embellir nos compagnes est bien petit auprès de celui qui est cher à une partie assez importante du sexe laid : l’ivrognerie. Que de jeunes gens et de pères de famille même se font un plaisir de passer des heures et des heures au cabaret à ingurgiter toutes sortes de boissons ! On dit aussi mais dois-je le répéter qu’un certain nombre de femme n’ont pas d’amis plus cher dans leur intérieur, que la cafetière et la bouteille d’eau de vie.

La grande affaire de l’instruction.

Extrait des délibérations du Conseil Général en 1845 - Sources BNF
Extrait des délibérations du Conseil Général en 1845 – Sources BNF

Avant 1833, l’instruction était donnée d’une manière très irrégulière dans la commune, le plus souvent par des frères. En 1833, la commune fait l’acquisition d’une maison d’école servant à l’instituteur et à l’institutrice. C’est le premier des investissements de la commune pour l’instruction des enfants.
En 1835, Bierné avait un instituteur non reconnu par l’administration. Le Conseil Municipal demande la nomination de M. Drouin, élève sortant de l’école normale. Ce maître ne gagne pas sa vie, vu le petit nombre d’élèves. En 1836, le Conseil lui vote une indemnité  considérant que l’absence des élèves ne devait être attribuée ni à l’incapacité ni à l’inconduite de M. Drouin, instituteur dont le savoir et la moralité sont reconnus par tout le monde mais bien à des influences hostiles qui loin de prêter concours utile et même obligé, semblaient vouloir arrêter les progrès de l’instruction.
En 1838, le Conseil défère le choix d’un instituteur  desservant de la commune mais considérant que le service d’instruction ne peut aller sans son concours, considérant entre autre que la nomination d’un frère c’est livrer tout entier l’enseignement à la volonté du desservant parce qu’il faut que le frère soit logé et nourri au presbytère, que la commune de Bierné ayant eu plusieurs frères, a eu à supporter de grand désagrément à cet effet : lorsque l’instituteur frère convenait au desservant, il ne convenait pas à la commune ; lorsqu’il convenait à la commune il ne convenait pas au desservant de sorte qu’il existait presque toujours un conflit entre le desservant et les habitants de la commune à cause du frère.
Le curé n’ayant pu trouver d’instituteur laîc, un frère est nommé au mois d’août 1838 et ses successeurs sont des frères jusqu’en 1856. En 1854, le Conseil exprime unanimement le désir que l’école des garçons de Bierné soit confiée à un congréganiste et que le sueur Huet Pierre Adolphe de la congrégation de Sainte Croix du Mans soit provisoirement maintenu directeur de cette école. Le conseil décide que le choix de M. le Curé ne pourra porter que sur un instituteur n’appartenant à aucune congrégation.  En 1856 la commune fait l’acquisition de la maison d’école des garçons (l’école publique actuelle). Depuis cette époque l’école a été dirigée par des instituteurs laïcs: M Guesdon de 1856 à 1873, M. Gautier de 1873 à 1882 et M. Germond.
En 1874, la commune achète  la maison d’école des filles (sur l’emplacement de la supérette et du centre de loisir) et fait construire des classes et un préau couvert. En 1886, elle réalise une seconde classe et un préau couvert à l’école des garçons.
En cette fin de siècle, l’instituteur dresse un Etat de l’instruction dans la commune. Les illettrés sont encore assez nombreux dans la commune, surtout parmi les hommes. Le taux d’illettrés est de  18 % . On envoie à l’école les petites filles qui « ne servent à rien » et les garçons … vont à la ferme pour garder les bestiaux et faire le courses.

Le patois et le parler Biernéen

A Bierné, comme dans les communes voisines, on désigne les cultivateurs par le nom de leur ferme et non par leur nom de famille. Ainsi on dit «  Je vais chez Mancellière, chez Motte de Vaux… J’ai vu le père Grenonnière, le père St Chivré, etc… »

Le patois de Bierné

« On parle un français assez pur dans la commune, cependant quelques patoisies sont restées dans la langue » indique l’instituteur.

 

Le progrès arrive sur Bierné

M. Gourmond n’est pas tendre avec ce monde rural qu’il s’échine à instruire. Il constate cependant que les cultivateurs longtemps réfractaires au progrès commencent grâce aux expériences qui ont été tentées sous leurs yeux à employer les engrais chimiques surtout les phosphates. Ils perfectionnent leur outillage agricole : 5 ou 6 possèdent depuis 1. 2 ou 3 ans des charrues Brabant, des semoirs et des moissonneuses. L’élan est donné : ces cultivateurs intelligents seront suivis.
Et en effet, le progrès arrive sur Bierné et pénètre la campagne. Le 11 mai 1845, le comice agricole est fondé. En 1851, il organise son premier concours. Une année plus tard, Jean Barral, membre de la société impériale et centrale d’agriculture, relève dans un ouvrage le travail du biernéen André Bordillon, irrigateur-draineur qui a exécuté des travaux remarquables, consistant dans assainissement de prairie par le drainage et dans l’irrigation de ces mêmes prairies par les eaux souterraines qui en faisaient presque des marais lorsqu’elles étaient stagnantes...

Les paysages évoluent durant ce siècle. Une nouvelle énergie, la vapeur, permet d’aménager routes et chemins.

Ouest Éclair – 30 novembre 1911


Un grand projet pour la Mayenne et pour Bierné : le chemin de fer

La première ligne de chemin de fer en France est ouverte en 1827. Elle relie les 21 km qui séparent la ville de Saint-Étienne (42) à celle d’Andrézieux et permet le transport du charbon entre les mines de Saint-Étienne et les rives de la Loire. Dix ans plus tard, le 24 aout 1837, la reine Marie-Amélie de Bourbon-Sicile, épouse de Louis-Philippe 1er, inaugure la première ligne construite spécifiquement pour le transport des voyageurs entre Saint-Germain-en-Laye et Paris. C’est un énorme succès : 18 000 voyageurs sont transportés le premier jour d’exploitation.
Dés lors partout en France, chacun comprend les enjeux économiques liés au chemin de fer. En 1842, un projet est lancé dans l’ouest de la France. Il s’agit de créer une liaison nord-sud  qui relierait les ports de la Manche et la façade atlantique… c’est à dire les marchés de l’Angleterre et ceux de l’Espagne.
Les Mayennais saisissent rapidement l’intérêt de cette liaison et à l’intérieur du département, aucune commune ne souhaite être tenu à l’écart d’un tel projet. La ligne Paris-Laval- Rennes est arrêtée en 1846. Neuf années plus tard, le 15 aout 1855, la gare de Laval est inaugurée. Dès 1842, une ligne transversale  de l’Ouest est mise à l’étude. Elle doit relier le Sud au Nord, Laval à Angers ….elle fera l’objet d’âpres pourparlers et d’une lutte épique entre les communes de Craon et de Château-Gontier.
En 1868, le tracé de Sablé à Chateaubriand est enfin décidé. Il passe par Grez-en-Bouère , Bouère, Longuefuye, Fromentières, Gennes-sur-Glaize, Azé et Château-Gontier. La question reste donc entière sur la liaison ferroviaire  entre Angers et Château-Gontier.  Les projets fleurissent de partout, une ligne est imaginée entre Angers et Château-Gontier, qui relierait les communes de St Aignan, Bierné,  St Michel, St Laurent et Soeurdres.
En 1873 puis à nouveau le 15 juin 1874, le comice agricole adresse ses délibérations – qui ressemblent davantage à une pétition – aux deux Préfectures de la SKMBT_C36015060913012_Page_1 TrainMayenne et du Maine et Loire.
Le tracé de la ligne fait l’objet de multiples discussions. Doit-elle aller jusqu’à Bierné  ou avoir pour terminus Saint Michel de Feins. A Bierné, les pressions sont fortes pour essayer d’obtenir une voie ferrée d’intérêt local, c’est à dire une ligne de chemin de fer secondaire.
Le Conseil d’arrondissement émet plusieurs vœux pour la réalisation de l’ouvrage. En 1906, il appuie le vœu soumis au Conseil général et demande à ce que « A défaut de ce chemin de fer à voie étroite ou en attendant, un train Renard, comme ceux qui fonctionnent déjà à l ‘étranger, pourrait pallier au manque de transport de cette région. » Cette même année, le Conseil général vote une subvention de 4500 francs pour réaliser une étude du projet.
En 1910, tout le monde semble convaincu qu’une seconde ligne va être construite.
La grande guerre en 1914, l’inflation du coût des travaux, les progrès de l’automobile, vont rendre ces projets obsolètes.     Bierné n’aura pas sa gare.

Douze Maires entre 1800 et 1908

L’ouvrage « Les Maires du Sud-Mayenne » (en vente en librairie) publié par Bruno Poirier, ancien habitant de Bierné, nous apprend que la commune de Bierné a connu douze maires en un peu plus d’un siècle. Certains seront nommés, d’autres seront élus.

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1800  – 1803 : Maurice Chapillon (3 ans)

1804  – 1813 : Antoine Toqué (9 ans)

1813  – 1816 : Joseph Meslay (3 ans)

1816  – 1816 : Louis de Bonchamps (1 an)

1816  – 1827 : Charles Vannier (9 ans)

1828  – 1846 :  Jean Guitter (18 ans)

1846 – 1848 :  Louis Abafour (2 ans)

1848 – 1854 :  Auguste Bondu (6 ans)

1854 – 1884 :  Alfred Pichot (20 ans)

1884 – 1896 :  Mathieu Legenty (12 ans)

1896 – 1904 :  Auguste toqué (8 ans)

1904 – 1908 :  Pierre Gouault (4 ans)

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Site officiel de la commune de Bierné en Mayenne (53)